Parmi les quatre rédacteurs des Évangiles, Marc fait une seule mention de Marie. Jean en parle deux fois, au commencement et à la fin du ministère de Jésus. Matthieu et Luc écrivent des récits d'enfance, où la maternité joue son rôle. Mais dans l’Évangile de Matthieu, Marie, silencieuse, soumise, s'efface derrière Joseph, maître de l'action après Dieu. Luc est donc seul à déployer un grand récit : sur deux chapitres, entre l'annonce de l'ange et l'émancipation religieuse de son fils, Marie tient sa place légitime. Limitée cependant puisque, après l'épisode du Temple, ses manifestations se font rares. C'est en somme assez peu.
Pour compenser l'apparente sobriété des évangiles, des traditions ont bourgeonné autour de la Vierge. C'est comme si la foi avait appelé à son secours son humble petite sœur, la piété. Celle-ci a inspiré des récits hagiographiques, relatant la vie de la Vierge — certains sont très anciens —, des légendes dorées, puis des apparitions, fort nombreuses en ces deux derniers siècles.




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