Le livre du mois

Ce livre nous montre, à travers la vie d'Anne Gabrielle Caron, le chemin d'une enfant vers le Royaume des Cieux.
Atteinte d'une tumeur d'Ewing avec métastases à l'âge de 7 ans, Anne Gabrielle entre dans un chemin de croix qui la conduira jusqu'à la mort ou plutôt à la vie éternelle. Raconté par sa maman, ce livre évoque l'ascension spirituelle de cette petite fille qui va jusqu'à demander de recevoir toutes les souffrances des enfants de l'hôpital pour alléger et soulager les leurs. Elle offre son calvaire à Jésus pour la conversion des pêcheurs et le rachat des âmes du purgatoire.
Ce livre est absolument bouleversant et il m'a profondément émue. En effet, j'ai rarement lu un livre aussi poignant, autant dans sa dimension humaine que spirituelle.
"Celui qui se fera petit comme cet enfant, celui-là est le plus grand dans le royaume des cieux".
Décédée en 2010, son procès de canonisation est ouvert dans le diocèse de Fréjus-Toulon.
 
Thérèse Duvivier

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Ma connaissance avec C.S. Lewis a commencé par les films Les Chroniques de Narnia, que je propose pour des ciné-clubs pour les enfants. De fil en aiguille, la lecture de ce grand auteur chrétien, m’a conduit à un de ses premiers livres, Tactique du diable. Il s’agit d’une mise en scène originale : un "maître diable" écrit à son neveu, novice dans l’art de la tentation.
La vertu est décrite et analysée à l’envers : comment éviter qu’un jeune chrétien avance dans la vie spirituelle. Il s’agit d’une lecture très agréable où, avec subtilité, humour et philosophie, Lewis met à jour les faiblesses humaines. Mario Ponta

Cet ouvrage apporte bien plus qu’un agréable moment de lecture, il nous offre un outil subtil et concret de discernement pour mener notre vie, et nous rappelle que l’amour de Dieu est plus fort que le mal. (La Procure)

Voici un extrait.
Les humains c'est notre affaire de les détacher aussi bien de l'éternité que du présent. Ayant cet objectif en vue, il nous arrive d'induire un être humain (disons une veuve ou un savant) à vivre dans le passé. Mais cela n'a qu'une valeur relative, car les hommes ont une bonne connaissance de leur passé dont le caractère spécifique le fait ressembler, dans une certaine mesure, à l'éternité. Il est bien préférable de les faire vivre dans l'avenir. Déjà, par nécessité biologique, leurs passions vont toutes dans cette direction-là, de sorte que la pensée de l'avenir enflamme à la fois leurs craintes et leurs espoirs. Et comme il leur est inconnu, en les faisant songer à l'avenir nous fixons leur attention sur des choses irréelles. En un mot, l'avenir est la chose entre toutes qui ressemble le moins à l'éternité. C'est la partie la plus temporelle du temps. Car le passé s'est figé et il ne s'écoule plus, et le présent est tout illuminé par les rayons de l'éternité. Voilà pourquoi nous avons encouragé l'élaboration de systèmes d'idées, comme l'évolutionnisme, l'humanisme ou le communisme, qui tous fondent de grands espoirs sur l'avenir, sur le cœur même de la temporalité. C'est aussi pour cette raison que la majorité des vices prennent racine dans le futur. La gratitude se tourne vers le passé et l'amour vers le présent. Mais la peur, l'avarice, l'ambition et la concupiscence regardent en avant… (C.S. Lewis, Étienne Huser (trad.), Tactique du diable : lettres d'un vétéran de la tentation à un novice, Empreinte ed., 2010, p. 71-72)