C’est un titre provocateur en cette période tragique quand nous savons que l’armée russe a envahi l’Ukraine. Nous entendons plus souvent : la guerre est à notre porte. Cette expression engendre la peur, l’angoisse et même développe la haine.
Pourtant, si nous savons faire la guerre, nous devrions pouvoir semer la paix. En effet, la paix commence dans notre cœur, donc à notre porte. J’aime ce texte que je reprends régulièrement.
« La paix aurait pu être une fleur sauvage, de ces fleurs des champs que nul ne sème ni ne moissonne. La paix aurait pu être de ces fleurs des prés que l’on trouve toutes faites un beau matin, au bord d’un chemin, au pied d’un arbre ou au détour d’un ruisseau. Il aurait suffi de ramasser la paix comme on ramasse des champignons ou comme on cueille la bruyère ou la grande marguerite.
Au contraire, la paix est un travail, c’est une tache. Il faut faire la paix comme on fait du blé. Il faut faire la paix comme il faut des années pour faire une rose et des siècles pour faire une vigne. La paix n’existe pas à l’état sauvage : il n’y a de paix qu’à visage humain. »
Jésus, Prince de la Paix ne dit pas autre chose : « L’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. Que votre cœur ne soit pas bouleversé ni effrayé. » (Jean 17, 26-27)
Jésus est venu restaurer l’homme dans sa dignité de fils du Père et frère des hommes.
Dans une précédente paroisse, une personne m’avait dit : « La paix c'est la victoire de l'homme sur l'homme. La guerre c'est la défaite de l'homme sur l'homme. » Pour le chrétien, la paix, c’est la victoire de Jésus sur l’homme. Bientôt nous fêterons Pâques. En se rendant présent à ses disciples le jour de sa résurrection, il leur a dit après avoir soufflé sur eux : « La paix soit avec vous. »
P. Michel Euler
