Méditation de Carême

 Suivre le Seigneur Jésus sur le chemin de l'humilité.

 

Tel est le thème développé dans la première méditation de Carême du prédicateur de la Maison pontificale. Le père Roberto Pasolini, capucin et bibliste, insiste sur la nécessité, en ce temps crucial pour l’Église, de « vérifier la vitalité de notre baptême ». « Péché, conversion et grâce, affirme-t-il, sont intimement liés dans la vie réelle », mais c’est dans l’humilité que le chrétien s’ouvre à la grâce et devient un homme nouveau.

« En ces temps marqués une fois de plus par la douleur et la violence, parler de petitesse peut sembler abstrait, presque un luxe spirituel. En réalité, c’est une responsabilité concrète, liée au destin du monde. La paix ne naît pas seulement d'accords politiques, ni de stratégies diplomatiques ou militaires, mais d'hommes et de femmes qui trouvent le courage de se faire humbles : capables de prendre du recul, de renoncer à la violence sous toutes ses formes, de ne pas céder à la tentation de la vengeance et de l'oppression, de choisir le dialogue même lorsque les circonstances semblent le nier. »

La conversion
« La conversion évangélique est avant tout une initiative de Dieu, à laquelle l’homme est appelé à participer en toute liberté. Elle se produit au plus profond de notre être, là où l’image de Dieu imprimée en nous attend de se réveiller ». C’est lorsque quelque chose, longtemps silencieux, se remet à vibrer en l’homme.

La réponse à la grâce
Saint François parle de « pénitence » lorsqu'il s'engage sur le chemin de la conversion, mais il fait allusion à un « changement de sensibilité », à un regard miséricordieux porté sur autrui à la lumière de l'Évangile, balayant « l'amertume d'une vie remplie de choses mais dépourvue de son essence ». Faire pénitence est le début d'un combat pour défendre cette « saveur nouvelle des choses », en nourrissant fidèlement la semence que Dieu a placée dans le cœur de chacun.
« La conversion n'est plus une tentative de redresser sa vie par ses propres forces, mais la réponse à une grâce qui a redéfini les paramètres de notre façon de percevoir, de juger et de désirer. »

Reconnaître le péché
La conversion est liée à « la profondeur du sillon que le péché a creusé en nous. Dans la conscience commune, et parfois même dans la vie de l’Église, tout s’explique par la fragilité, la blessure, la limitation, le conditionnement. Quand on parle encore de péché, il est souvent réduit à une petite erreur ou à une faiblesse. Si nous nous limitons à cela, la grandeur de la liberté humaine et sa responsabilité disparaissent elles aussi. »
«Si la possibilité du mal véritable n'existe plus, nous ne pouvons plus croire à la possibilité du bien véritable.»

Le retour à l'humilité
Saint François est reconnu comme le saint patron de la pauvreté, mais son lien avec l'humilité est indissociable. « L'humilité, est un chemin que tout baptisé est appelé à suivre s'il souhaite accueillir pleinement la grâce de la vie en Christ. C'est une manière d'habiter le monde et les relations. C'est un don de l'Esprit avant même d'être un exercice ascétique. »

Une conversion continue
Une étape importante consiste à reconnaître que la conversion n'est jamais achevée. Nous demeurons pécheurs, aspirant à la sanctification par l'Esprit. « La conversion signifie sans cesse renouveler ce mouvement du cœur, par lequel notre pauvreté s'ouvre à la grâce de Dieu », même à contrecœur, en s'engageant dans un travail intérieur constant qui nous met « au service, librement et concrètement ».

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