Bâtir une Église demande de creuser jusqu’au roc qu’est le Christ.
Lors de la messe ce dimanche 9 novembre en la solennité de la Dédicace de la basilique Saint-Jean-de-Latran, Léon XIV a établi un parallèle entre la construction matérielle de l’église et celle spirituelle de la communauté qui l’habite. Il a livré une réflexion sur «notre être Église».
C’est sa cathédrale, «Mère de toutes les Églises», symbole de la diffusion et de l’enracinement de la religion chrétienne sous l’empire romain, abandonnant son statut de persécutée. Léon XIV a souligné que la basilique Saint-Jean-de-Latran, l’une des plus anciennes églises de la capitale italienne, est surtout «le signe de l’Église vivante» qui nous rappelle que «nous aussi, en tant que “pierres vivantes”, nous formons sur cette terre un temple spirituel», d’où «l’usage d’appliquer le “nom de l’Église, qui signifie assemblée des fidèles, au temple qui les recueille”» a-t-il rappelé en citant saint Paul VI.
Pour bâtir cette basilique, «ceux qui nous ont précédés ont donné à notre cathédrale des fondations solides, en creusant profondément, avec difficulté, avant de commencer à ériger les murs qui nous accueillent, et cela nous fait nous sentir beaucoup plus tranquilles» a-t-il tout d’abord expliqué. De même, «nous aussi, ouvriers de l’Église vivante, avant de pouvoir ériger des structures imposantes, nous devons creuser en nous-mêmes et autour de nous pour éliminer tout matériau instable qui pourrait nous empêcher d’atteindre le roc nu du Christ».
Ni pressés ni superficiels mais patients
Sans ce roc, «le risque serait de surcharger d’une structure lourde, un édifice aux fondations fragiles» a mis en garde le Souverain pontife. Pour éviter cet écueil, «ne soyons ni pressés ni superficiels : creusons en profondeur, libérés des critères du monde qui, trop souvent, exige des résultats immédiats, car il ne connaît pas la sagesse de l’attente». Léon XIV a insisté, affirmant que «ce n’est qu’avec humilité et patience que l’on peut construire, avec l’aide de Dieu, une véritable communauté de foi, capable de répandre la charité, de favoriser la mission, d’annoncer, de célébrer et de servir le Magistère apostolique».
Cette humilité, elle est incarnée dans l’Évangile par Zachée, homme riche et puissant qui n’hésite pas à grimper sur un arbre pour apercevoir Jésus, un geste qui signifie «reconnaître ses limites et surmonter les freins inhibiteurs de l’orgueil». C’est ainsi qu’il rencontre Jésus et que sa vie change, car «Jésus nous transforme et nous appelle à travailler dans le grand chantier de Dieu, en nous modelant savamment selon ses desseins de salut» a poursuivi le Pape.
Des efforts à fournir
Insistant sur cette image de «chantier», le Saint-Père reconnaît qu’elle évoque «l’activité, la créativité, l’engagement, mais aussi les difficultés, les problèmes à résoudre, parfois complexes», ceux qui expriment «l’effort réel, palpable» de «nos communautés». « Au prix de beaucoup d’efforts, il y a un grand bien qui grandit. Ne laissons pas les difficultés nous empêcher de le reconnaître et de le célébrer, pour alimenter et renouveler notre élan». «La charité vécue façonne également notre visage d’Église, afin qu’il apparaisse de plus en plus clairement à tous qu’elle est “mère”».
Tiré de Xavier Sartre – Vatican News